Véritable moyen d’expression créative, le street art est de plus en plus utilisé en Algérie dans le but de réhabiliter les édifices et de se réapproprier l’espace public tout en véhiculant un message engagé.

D’Alger en passant par Tindouf ou Bejaïa, le street art s’impose petit à petit comme instrument de mise en valeur du patrimoine architectural local. La récente initiative d’El Medreb avait ainsi pour but de préserver la mémoire collective des bâtisses industrielles abandonnée à El Hamma (Belcourt) et de les promouvoir en tant que lieux de rencontres sociales et culturelles.

Le graffiti en Algérie est intimement associé au street art, qui désigne un art strictement visuel développé dans les espaces publics. Ainsi, dès la fin des années 1990, les groupes AKM Crew puis AMOHN Crew font des murs d’Alger et de Tizi Ouzou les toiles de leurs oeuvres afin d’aborder des thématiques sociales et politiques. L’un des fondateurs du street art algérien, Klash 16, utilisait quant à lui ses pochoirs sans langue de bois à Alger dans le but de véhiculer ses messages politiques à caractère contestataire.

Oeuvre de l’artiste El Panchow

Leurs oeuvres, tout comme celles d’artistes contemporains tels El Panchow, relevaient cependant aussi de cet art urbain visuellement attractif tout en restant profondément engagé. La communication avec le public se fait alors à travers les formes du visuel ainsi que les lettres ou symboles du lisible en faisant fi des normes traditionnelles. La beauté du visuel détient pour fonction de partager plus facilement les discours transgressifs tout en assurant une longévité aux oeuvres dans l’espace urbain du fait de leur aspect artistique.

Le premier mouvement street art en Algérie a été constitué par le collectif d’artistes graffeurs 213 Writerz qui a initié Art Zenkawi (l’art de rue). Il compte de nombreux graffeurs de talent dont Sneak, également membre aux côtés de Lmnt du collectif S2W et avec lequel il partage une passion pour le calligraffiti.  Les collectifs se font en effet de plus en plus nombreux, et permettent une meilleure collaboration mais aussi une plus grande diffusion des oeuvres des graffeurs à l’instar du collectif Ink’Industriz, partageant chaque oeuvre sur les réseaux sociaux avec ses milliers d’abonnés.

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Le street art est pour nous la pratique de notre liberté intellectuelle, sociale et culturelle. Le fait de poser sa pensée chaotique sur un mur est déjà une harmonie accomplie avec la ville et ses habitants.

Sneak

Il s’agit là d’une porte ouverte à la culture pour secouer le conformisme dans un cadre où de nombreuses avenues d’exposition manquent parfois aux artistes algériens. Le street art marque alors cette rencontre entre art réhabilitant le patrimoine et forme engagée d’expression libre.

Photo: Mehdi Boubekeur

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