La cité d’ocre Timimoun dans la wilaya d’Adrar est emblématique des cités oasiennes du pays. 

Entre le Grand Erg Occidental et le plateau du Tademaït se dresse la cité d’ocre Timimoun, dans la wilaya d’Adrar. Principale oasis et capitale du Gourara, la commune présente une architecture traditionnelle s’adaptant aux conditions extrêmes de l’environnement désertique et mobilisant des matériaux à l’instar de l’argile ocreuse lui conférant une couleur rougeâtre devenue symbole de la région.

Photo : Timimoun – Yann Arthus Bertrand

Comme dans les autres oasis du Gourara, Timimoun possède un village surplombant une palmeraie dont l’eau provient d’ouvrages souterrains nommés foggaras. Ces derniers peuvent chacun atteindre plusieurs dizaines de kilomètres et sont destinés à la captation d’une nappe d’eau souterraine et à l’abduction.

L’eau provenant de la nappe est répartie à travers le système de kesria, qui reçoit l’eau et la distribue en mesurant le débit au moyen d’un « peigne distributeur » (mechta). Le système se prolonge sur une série de canaux secondaires et tertiaires (seguias) qui emmènent l’eau jusqu’au bassin des cultivateurs, appelé le majen. Les foggaras constituent dans la région aride une source d’eau constante et permettent la mise en place de culture agricoles pour les populations locales. Les travaux ont souvent été rendus possible grâce à la touiza, un système d’entraide et de coopération traditionnelle encore présent dans de nombreuses régions du pays.

Photo: Foggara – Anna Monusova

Le rationalisme urbanistique ksourien typique de Timimoun a connu des bouleversements importants en lien avec l’importante croissance démographique transformant la commune en une agglomération saharienne étalée. Ces changements posant de nouveaux défis quant à la préservation de la palmeraie, se sont alors accompagnés par une tertiarisation de l’économie locale, la faisant basculer des activités agricoles à de nouvelles activités économiques administratives.

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Timimoun garde cependant de nombreuses caractéristiques typiques du patrimoine du Gourara, de son architecture ksourienne en passant par sa culture, ses traditions, ses rites et légendes.

Photo : Ksar Draa par François Lagarde

Le patrimoine se perpétue notamment à travers le chant poétique de la région, l’Ahelil du Gourara, inscrit sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO et pratiqué durant les cérémonies collectives de réjouissance religieuses ou profanes.

Photo: BooM IV – Faycal Brahmi

La région compte également sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité le pèlerinage annuel à la zawiya Sidi el Hadj Belkacem, s’étalant sur une semaine après le mawlid (le Sbou’) et qui représente un moment de festivité célébrant la paix entre les groupes du Gourara faisant la renommée de Timimoun.

Durant le Sbou’, les populations locales visitent les mausolées des saints de la région dans le but de commémorer la naissance du prophète et accompagnent leurs journées de chants, de danses et de prières.

Les pèlerins terminent leur voyage en se rassemblant à l’extérieur du mausolée de Sidi el Hadj Belkacem autour de l’étendard du saint. Les rites du Sbou’ consacrent alors l’héritage du Gourara et l’union des groupes qui y habitent.

De par sa culture, son urbanisme traditionnel aux tons d’ocre s’adaptant aux contraintes de l’environnement, Timimoun est emblématique des cités oasiennes du pays.

Photo : Timimoun – Sam-Bos 

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