La ville d’Oran située au nord-ouest de l’Algérie est une ville portuaire dont le nom est tiré d’origines multiples.

Au nord-ouest de l’Algérie se trouve la ville d’Oran, principal centre financier, commercial et industriel de l’ouest du pays. Oran fut fondée au début du Xe siècle par des commerçants andalous. La ville est surnommée la radieuse (« el Bahia » en arabe) en raison de son patrimoine culturel riche et dynamique ayant notamment engendré le genre musical du Raï.

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Les premières traces d’installations dans la région remontent à près de 400 000 ans comme l’attestent les divers artefacts d’hominidés découverts sur le site acheuléen de Tighennif. L’Oranie accueille au cours de son histoire de nombreuses civilisations. Ainsi la période punique voit l’apparition de comptoirs phéniciens puis le rattachement à Rome (sous les noms de Portus Divini et Portus Magnus), tandis qu’au Xe siècle la dynastie Omeyyade de Cordoue y développe des comptoirs commerciaux. Ce sont alors des marins andalous guidés par Mohamed Ben Abou Aoun et Mohamed Ben Abdoun qui auraient fondé l’actuelle Oran en 902.

Marcel Morvan – Porte d’Espagne, 1589

D’autres civilisations se sont succédées, des divers dynasties arabo-imazighen à l’instar des Fatimides et des Zianides, à l’Espagne qui à partir du débarquement de Mers-el-Kébir en 1505 s’engage dans une série d’expéditions organisées. En 1791, le bey ottoman Mohamed Ben Othman surnommé El Kébir (le grand en arabe) signe un traité qui fait passer la possession d’Oran de l’Espagne à l’empire de la Sublime Porte. La ville devient la capitale du beylik de l’Ouest. Elle compte durant la colonisation française en Algérie qui débute en 1830 la population d’origine espagnole la plus importante. Suite à l’indépendance en 1962, Oran devient le principal centre économique du pays.

La ville aux lions

Oran tire son nom de Wahran, puisant sa source dans la racine tamazight « hr » dont les dérivés pluriels tels « aharan » font référence aux lions. La construction « w-arahan » signifie alors « des lions ». D’aucuns affirment que le nom originel de la ville est un hydronyme associé au cours d’eau, Ouedaharan, à l’instar des villes de Chlef (Oued Chlef à l’origine) et Arzew (issue de Oued Arzew). D’autres l’attribue plutôt à un terme oronymique évoquant la « Montagne des lions » (Djebel Wahran).

Oran n’est d’ailleurs pas la seule ville en Algérie avec une toponymie formée autour de la racine « hr » désignant le félin. En effet, on dénombre notamment la ville de Taher, Tahert, ou encore Souk Ahras (marché des lions). Les lions sont également liés à la mystique locale en étant notamment associés aux figures de saints tels le saint patron d’Oran, Sidi El Houari.

Ces nombreuses références à l’animal s’expliquent par la présence passée des lions de l’Atlas dans la région. L’espèce actuellement éteinte à l’état sauvage, figurait aux cotés de l’ours de l’Atlas et du léopard de Barbarie parmi les principaux prédateurs du Maghreb.

Photo: Sir Alfred Edward Pease, Lion de l’Atlas en Algérie, 1893

La légende des deux lions

Une autre explication courante de l’origine du nom de la ville rapproche Wahran de la forme duelle du mot arabe « wahr » signifiant lion. La légende des deux lions et par la suite le nom de la ville seraient alors attribués au songe du fils du Vizir de Cordoue:

«On raconte qu’un jeune homme, Djaffar fils du Visir de Cordoue, avait fui par la mer la tyrannie de son père opposé à son mariage avec la femme qu’il aimait. S’ensuit une histoire de tempête, de vision de deux lionceaux, de songes prémonitoires, enfin de naufrage sur une superbe plage déserte qui ne pouvait pas s’appeler autrement, encore de nos jours, que la plage des Andalous»

 Pierrette Letourmy Aurin

La symbolique des deux lions est d’ailleurs reprise dans de nombreux emblèmes de la ville dont les armoiries et la mairie d’Oran, dont l’entrée est gardée par deux lions sculptés par l’artiste Auguste Cain.

La version la plus proche de l’actuelle appellation d’Oran est « Horan », qui apparaît pour la première fois dans l’Atlas génois de Pietro Vesconte datant de 1318. De nombreux cartographes utiliseront subséquemment Oran pour désigner la radieuse de l’Ouest.

Carte de la baie d’Oran en 1725 d’après le cartographe hollandais Johannes van Keulen

Photo: Brahim Ait-ouarab – Le quartier de Sidi El Houari

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