Les œuvres colorées d’El Moustach sont non seulement des hommages aux figures symboliques de l’Algérie, mais reflètent également les valeurs profondément humanistes de l’artiste.

Le plasticien passionné de graphisme et de dessin numérique El Moustach, de son vrai nom Hicham Gaoua, est une figure incontournable du Pop Art en Algérie. Avec des œuvres colorées rendant hommage aux symboles du pays, l’artiste transmet un message humaniste, célébrant l’inclusion de « l’Autre » et le respect de la personne.

Le Pop Art fait référence à un courant artistique qui nait au milieu des années 1950 au Royaume Uni et qui se développe aux États-Unis. Le mouvement mobilise à l’époque des procédés issus de la production industrielle en série liée à l’émergence de la société de consommation, avec des couleurs vives et une réappropriation d’objets courants mis en avant dans les œuvres. L’approche est alors révolutionnaire : elle remet en question l’unicité des œuvres d’art, qui sont alors reproduites en plusieurs exemplaires (la série Diptyque Marilyn d’Andy Warhol par exemple), et désacralise l’art, en célébrant les symboles et figures populaires plutôt que de le cantonner aux « élites » ou à des sujets définis comme « nobles ».

Ce sont alors des figures populaires qu’El Moustach célèbre dans ses œuvres. Qu’il s’agisse de personnalités politiques tels que Mohamed Boudiaf ou Larbi Ben Mhidi, de personnalités sportives comme Rabah Madjer et Antar Yahia, d’artistes dont Athmane Ariouet, Lounes Matoub et Cheb Hasni, ou du psychiatre et essayiste Frantz Fannon, tous ont en commun de représenter des symboles populaires contemporains dans le pays.

Mais les œuvres de l’artiste vont encore plus loin. Le choix de ses symboles et la volonté de promouvoir le respect de l’environnement, des droits, de l’inclusion et de la diversité, font de l’artiste le visage du Pop Art humaniste en Algérie. Récemment invité au premier ComicCon d’Alger, il affirmait alors que :

Si on ne crée pas notre contenu technologique et on ne valorise pas notre culture, notre histoire et notre patrimoine, les autres vont se les réapproprier et vont même y injecter leurs propres valeurs.

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Ainsi, El Moustach prône la fraternité durant les clashs à Ghardaïa, il affirme sa solidarité avec les migrants sub-sahariens, participe à des campagnes de protection de l’environnement et de sensibilisation sur les droits humains et célèbre les identités africaines, amazigh et arabes de l’Algérie. Entre culture algérienne populaire et subversion artistique, l’artiste revisite le patrimoine et lui insuffle une nouvelle vie.

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