Planche représentant Alger, issue de Civitates Orbis Terrarum de Georg Braun et Frans Hogenberg, Cologne, 1575.

L’Algérie tire son appellation actuelle du nom de sa capitale, Alger. Le toponyme de cette dernière serait issu de la transcription française du mot, provenant du nom de la ville en arabe, El-Djaza’ir, signifiant « les îles ».

Des îles faisaient en effet face au port d’Alger. Elles auraient été rattachées durant la période ottomane à la jetée d’Alger. Parmi ces iles, au moins l’une d’entre elles était habitable et servait de sanctuaire pour la population en cas d’attaque:

« Il y a près de la ville, à une portée de flèche, une île qui lui fait face ; lorsqu’un ennemi les attaque, les habitants se réfugient dans cette île, s’y mettent en état de défense et y trouvent un abri sûr contre ceux dont ils se gardent et dont ils redoutent l’agression. »

Ibn Hawqal, commerçant de Bagdad qui visite la ville au Xème siècle

Civitates Orbis Terrarium, 1575

Le géographe andalou Al-Bakri rapportait ainsi au XIème siècle que la ville portait le nom de Djaza’ir Beni Mezghena (les îles des Beni Mezghena), en référence à la tribu dont était originaire Bologhine Ibn Ziri, fondateur de la dynastie des Zirides et qui lance à partir de 960 la reconstruction de la ville sur les ruines de l’antique Icosium.

De nombreuses déclinaisons de l’appellation de la ville et du territoire où elle est située existent autour du thème des îles. Ainsi, Ibn Khaldoun dans sa Muqaddimah nomme Alger et par extension le centre du pays Bilad El Djaza’ir (le pays des îles), tandis que l’émir Abdelkader mentionne dans ses écrits Watan El Djaza’ir (la nation ou patrie des îles).

Le territoire désigné par le terme El Djaza’ir va en effet progressivement inclure le territoire entourant la ville d’Alger, puis celui de la régence d’Alger, et enfin l’ensemble du territoire constituant l’Algérie actuelle.

Vue d’Alger à partir de la mer, Henry Parice / L. Clark, 1818

Le livre Civitates Orbis Terrarum publié en 1575 en langue latine par Georg Braun et Frans Hogenberg, consacre une planche à la ville ainsi qu’un paragraphe descriptif, sous le nom Algeria. En français, le mot Algérie fait son apparition en 1686 avec les Entretiens sur la pluralité des mondes de Fontenelle pour désigner la régence d’Alger. Retranscription de l’arabe, le terme démontre l’évolution du terme El Djaza’ir, qui désigne alors non seulement la ville mais également le territoire sur lequel le pouvoir de la régence s’étend.

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