Le parc culturel du Tassili situé dans le massif montagneux du Tassili n’Ajjer est considéré comme l’un des plus importants parcs nationaux au monde.

Formé d’une succession sédimentaire de grès dans une région aride à plus de 1 000 mètres d’altitude, le parc du Tassili au sud-est de l’Algérie évoque un paysage lunaire du fait de l’érosion des formations rocheuses se dressant au sein des dunes de sables. Il s’agit là de l’action combinée des eaux creusant la pierre, du polissement par le vent et des variations importantes des températures entre la nuit et le jour.

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Photo: Yann Arthus-Bertrand, L’Algérie vue du ciel
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Photo: Yann Arthus-Bertrand, L’Algérie vue du ciel

Le parc abrite de nombreux animaux en voie d’extinction tel le mouflon à manchette et constitue le premier parc en Algérie de par sa superficie (138 000 km2). Il est inscrit depuis 1982 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO et classé réserve de biosphère depuis 1986.

L’Oued Djerat et le plateau de Sefar

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Photo: Trust for African Rock Art, La vache qui pleure

Les gravures et peintures rupestres situées dans le massif du Tassili datent d’environ 10 000 ans, à une époque où le Sahara abritait un paysage verdoyant. Les figures représentées évoquent alors le quotidien des populations peuplant la région avec notamment des scènes de chasse et de danse. D’aucuns tels Henri Lhotes voient dans les scènes de prières une représentation des diverses rencontres avec des créatures extra-terrestres. Ces thèses sont toutefois controversées et assimilées plutôt à une interprétation erronée des masques rituels.

Les peintures rupestres présentes notamment sur les sites de l’Oued Djerat et le plateau de Sefar varient en nature selon la période. Ainsi, la période des têtes rondes voit la représentation de pratiques magico-religieuses mystiques, tandis que la période de bovidés présente avec un esthétique réaliste et naturaliste la société de l’époque.

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Photo: Yann Arthus-Bertrand, L’Algérie vue du ciel. Fresque du « Grand Dieu » à Séfar s’étalant sur une surface de près de 16 mètres de long.
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Photo: Yann Arthus-Bertrand, L’Algérie vue du ciel

L’on dénombre pour le moment dans le parc rupestre du Tassili plus de 15 000 dessins et gravures au sein d’une forêt de rochers. La particularité de la région vient de la densité exceptionnelle de divers vestiges préhistoriques. Ainsi, s’ajoute à l’art rupestre des témoignages de la vie préhistorique tels des habitats troglodytes et tumuli recouvrant des sépultures.

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Photo: Yann Arthus-Bertrand, L’Algérie vue du ciel

D’une valeur universelle unique, la richesse du patrimoine culturel s’étendant sur une période de 10 000 ans et la diversité naturelle du site informent non seulement de l’évolution des cultures préhistoriques et du mode de vie pastoral de civilisations anciennes mais éclaire également sur les changements climatiques et géologiques qu’a subi la région.

Photo: Yann Arthus-Bertrand, L’Algérie vue du ciel

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