Surnommé l’Ennio Morricone algérien, le musicien et compositeur Ahmed Malek a laissé sa marque sur le paysage artistique du pays, avec des notes éclectiques résolument novatrices.

Originaire de Bordj El Kiffan dans la banlieue Est d’Alger, Ahmed Malek compose des musiques empreintes de tonalités diverses jusqu’à sa mort en 2008. Surtout connu en Algérie pour ses compositions pour le cinéma et la télévision, il laisse un riche répertoire mobilisant des genres aussi variés que le funk ou le jazz et s’essaie même à la musique expérimentale proto-électronique.

Membre de l’orchestre symphonique de la radio-télévision algérienne, on lui doit les musiques originales de nombreux films ayant marqué le cinéma algérien, dont Les vacances de l’inspecteur Tahar, Omar Gatlato, ou encore L’homme qui regardait les fenêtres.

Il obtient de nombreuses récompenses, à l’instar de la médaille d’or au Festival panafricain de 1976, ainsi que le Prix du mérite national pour la composition musicale en 1987 et représente l’Algérie de Cuba au Japon, en passant par l’Espagne.

Plus récemment, c’est à travers la sortie d’une compilation de Jannis Stürtz, DJ berlinois à l’origine du label Habibi Funk, que la musique d’Ahmed Malek connait une seconde vie. Passionné par la redécouverte de joyaux musicaux arabes, il met la main en 2012 sur l’une des rares copies de l’album Musique originale de films.

Photo : Jannis Stürtz du label Habibi Funk

Le fait de découvrir ces morceaux tel qu’ils ont initalement été proposés (et pas à partir d’une version obscure et de mauvaise qualité trouvée sur YouTube) m’a fait littéralement tombé amoureux des compositions de Malek. Il parvient à créer cette atmosphère si particulière : mélancolique, introspective, émouvante, sans jamais tomber dans le déprimant. Même sans avoir vu une seule photo de lui, des représentations nous viennent naturellement à l’esprit et taquinent notre imagination! (…)

Je connaissais déjà certains des morceaux que j’ai pu y entendre mais à partir de ce moment, l’idée de rééditer un album signé Ahmed Malek est devenue une véritable obsession. 

Jannis Stürtz

Jannis Stürtz entre alors en contact avec Henya, la fille d’Ahmed Malek, qui accepte de rééditer sa musique et qui lui fournit de nombreuses photos, vidéos et chansons exclusives. Parmi les morceaux inédits : de la musique expérimentale proto-électronique des années 1970 et 1980 que le label Habibi Funk partage pour la première fois.

Surnommé l’Ennio Morricone algérien, Ahmed Malek a laissé sa marque sur le paysage artistique du pays, avec des notes éclectiques résolument novatrices.

Photo : Ahmed Malek – Habibi Funk Records

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