Photo: Abbi Kemp, Vogue Arabia

A l’origine du projet « The Confused Arab », Sofiane Si Merabet explore en couleurs les concepts d’identité et de nostalgie en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.

D’un compte instagram à une plateforme en ligne, le projet de Sofiane Si Merabet, « The Confused Arab » (l’Arabe en proie à la confusion), explore les concepts de nostalgie et d’identité dans la région d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient.

Les identités ont toujours été au centre de mes cheminements professionnels et personnels. Quand on rencontre quelqu’un, on ne rencontre pas seulement une personne mais il faut aussi lire ou comprendre les multiples niveaux de ses identités.

Photo : The Confused Arab

Né en France au sein d’une famille d’origine algérienne, Sofiane Si Merabet visite chaque été l’Algérie et développe ce qu’il décrit comme étant une « nostalgie de la terre perdue » à travers la perception de sa famille, et devient progressivement de plus en plus intéressé par le pays et l’Afrique du Nord. Après des études en sciences politiques et en business en France et en Espagne, il débute une carrière en marketing entre Paris et Dubaï. Il travaille pour L’Oréal et LVMH pendant 11 ans puis décide de fonder sa propre agence créative, Karta.

On voyage autour du monde parce qu’on ne peut pas voyager dans le temps

Photo : The Confused Arab

Vivant à Dubaï depuis près de 9 ans, il épouse de nombreuses identités liées à son propre parcours au sein de différentes cultures, malgré la confusion que pouvaient engendrer ses identités multiples. De là naquit The Confused Arab, qui remet en question de manière visuelle son environnement, ses souvenirs familiaux et son patrimoine.

« La confusion n’est pas une mauvaise chose. Elle est souvent la première réaction franche pour quiconque engagé dans un processus créatif.  Nous sommes en proie à la confusion parce que nous sommes curieux d’en savoir plus à propos de qui nous sommes et où nous allons. Nos sommes en proie à la confusion car on observe des changements contradictoires, des raisons de pleurer et encore plus de sourire, et on croit que notre diversité devrait nous aider à écrire un nouveau futur. »

Il développe avec le projet son univers marqué par une esthétique colorée, tout en questionnant tout au long de l’aventure comment utiliser le sentiment de nostalgie dans le but de créer de nouveaux futurs dans la région d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient. Il nomme ce concept le « futur de la nostalgie ».

C’est ainsi qu’il met en place sa première installation, le Salon ou Hammam de demain, exposée à la Sikka Art Fair de Dubai et à Londres, dans le cadre d’une exposition sur le Pop Art d’Afrique du Nord.

Photo: Abbi Kemp, Vogue Arabia

Un hommage à ses origines (sa grand-mère était propriétaire d’un hammam en Algérie), le concept est revisité et fusionné avec celui d’un salon de beauté et allie différents éléments du passé et du futur pour actualiser un hammam souvent relégué à un temps révolu.

Les oeuvres de quatre artistes complètent l’installation: l’artiste franco-algérienne Amel Benaoudia mobilise des photos de famille pour souligner comment on sélectionne les souvenirs, l’artiste algéro-bulgare Meryem Meg modernise le zellige, l’artiste algérien Walid Bouchouchi incorpore ses calligraphie arabes futuristes, tandis que l’artiste libanais Ali Chaaban est à l’origine de la vision d’un salon dans une planète du futur. L’installation pose alors la question cruciale : « Dans votre voyage vers le futur, qu’emporterez-vous? ».

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